15 juillet 2013

Frances Ha...une petite perle en noir et blanc et Greta Gerwich amazing!!

 

 

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Très inspirés par la Nouvelle Vague,  et un certain John Cassavetes, Noah Baumbach le réalisateur et Greta Gerwich  co-scénariste et également compagne, proposent avec Frances Ha une belle carte-postale de New York sur fond de chronique douce-amère, tantôt dramatique, tantôt drôle avec un personnage perpétuellement en mouvement, qui se cherche, qui ne sait pas où la vie va la mener, et qui change d'endroit comme on change de vêtements...

 

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Frances est danseuse, enfin presque, et elle aimerait ne plus rester dans le rôle obscur d'une apprentie toujours en retrait,  France croque la vie à belle dents, ou presque, Frances voit sa meilleure amie avec laquelle elle partage un appart, la quitter pour se marier. Au sortir de l'université à 27 ans, Frances  toujours pas en phase avec elle-même...dans un monde inadapté pour elle, doit désormais se prendre en main, toute seule comme une grande!  Tout en finesse, mais également empreint de maladresse, Frances arrivera au bout de son parcours initiatique non sans s'être jetée à corps perdu dans ses rêves, alors même que leur réalisation semble improbable. Frances vaut tellement plus que ce qu'elle a, mais elle vit sa vie avec une joie et une légèreté inexplicable..Même dans les maladresses de son personnage, Frances elle a la grâce que le film possède aussi..

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Frances Ha n'est pas à proprement parlé un biopic, quoique pour écrire le scénario, Greta Gerwing s'est quelque peu inspiré de sa propre expérience de vie d'artiste, comme tous ceux qui glandent à New York, qui pour survivre, passent de petits boulots en petits boulots. " Il est vrai que tourner à New York où je vis  et puisser dans mes expériences personnelles ,tout comme utiliser, mais d'une manière plus subtile et de façon enfouie, le vécu de Noah, nous avait donné de bons repères"  A ma question de savoir comment elle s'y est prise pour avoir l'air si naturelle, sans se départir, Greta confie  " c'est drôle que la plupart des journalistes nous disent cela, pourtant, Noah et moi avons tourné certaines scènes plusieurs fois, tout devait être au milimètre près jusqu'à obtenir la scène parfaite, tournée en un seul plan, sans pulitplier les différents angles de prises de vues" Pourtant, tout paraît si simple, si naturel,  "oui vous avez raison mais en tant que couple à la ville comme à l'écran, nous nous sommes encore plus impliqués dans l'écriture.." Comment avez-vous procédé? Y a t-il des idées de l'un qui ont été gommées pour faire valoir sa propre vision du scénario. Y a t-il eu des divergences?

"Nous étions souvent dans une pièce différente, mais lorsque l'un de nous avait une idée, il la proposait à l'autre, et ensemble on voyait comment l'améliorer. Parfois cela donnait lieu a des dicussions, mais au final  nous étions assez proches dans notre façon de décrire Frances"

Je me suis laissez dire qu'au départ, vous aviez une petite liste d'évènements???? "oui, c'est vrai, j'avais déjà quelques idées de situations qui pouvaient faire l'objet d'un film, et au fur et à mesure de l'écriture, elles semblaient en adhéquation avec le personnage de Frances. Et chose étonnante, Noah a eu pour certaines scènes, les mêmes idées que moi...

frances ha,greta gerwig,noah baumbach,new york,feel good movie,manhattan,woody allen,mickey sumnerMême dans l'écriture sur l'amitié entre deux filles? "Oui! nous l'avons écrite en pensant à ce que me disait la maman d'une de mes amies, -profites de ces amitiés tant qu'elles sont là, car plus tard, à l'âge adulte elles n'existeront plus-  J'ai retenu la leçon et nous avons essayé Noah et moi, de montrer une amitié féminine, qui je le sais au début du film, peut prêter à confusion, de la plus belle manière qui soit.

Mais encore, parce que finalement, même si l'héroine se disperse un peu, le film ne parle que de cela. "Vous avez raison, même si par moment, Frances galère seule dans cette immense métropole New Yorkaise,  elle garde toujours son amie en filligrane, et vous savez, j'accorde beaucoup d'importance aux amies, parce que comme je viens de le dire,  une fois mariées, vers 30 ou 40 ans, les femmes doivent faire face à des tas d'obligations qui l'es éloignent progressivement de leurs copines" 

 

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Parlez-nous de Frances " une jeune femme de 27 ans, qui en est encore restée à ses rêves de jeune fille, lorsqu'elle avait 21 ans. Son personnage est ce que j'appelle "an Anthem" sur l'amitié, les relations entre filles, et sa quète de grand changement. Et le fait de tourner sa journey en noir et blanc ajoute la dramaturgie nécessaire pour faire de Frances, un personnage à prendre au sérieux malgré les côtés rigolos dont elle parsème sa vie. Le noir et blanc s'est imposé à nous dès les premiers jours,  et donne un cachet  plus "cinématographique" au sujet que n'aurait donné l'utilisation classique de la couleur"

 

Que voulez-vous dire par là?  " Frances Ha vit dans son monde à elle, et ne parviendra à se poser qu'à la fin. Donc le noir et blanc sied parfaitement.

N'est-ce pas difficile de tourner sous la direction de son compagnon? "Non, car comme j'ai également écrit le scénario, je savais parfaitement où je voulais aller, et ce que lui attendait de moi. J'aime jouer, et une fois devant la caméra, j'oubliais Noah. il n'y a jamais eu de "rivalité" entre nous...ET puis, il faut aussi que je vous dise qu'une fois écrit, un scénario passe par plusieurs personnes, afin d'être peaufinés par des pros de l'écriture....et qui ne sont pas toujours sur la même longueur d'onde. Ce qui ne fut pas le cas chez nous!"

Oui, pourtant , lorsqu'enfin elle trouve un appartement, l'image finale montre une situation pas encore aboutie, puisque même son nom n'entre pas en entier dans l'endroit prévu à cet effet. Est-ce voulu afin que chacun se fasse sa propre opinion?

Nous avons pensé que cela pouvait-être drôle que seul Ha apparaisse...Mais pour Frances, cela ne change pas grand'chose, puisque que désormais le plus dur est derrière elle. Ce effet de style n'est là que pour finir en beauté et sur un clin d'oeil.

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Si Frances Ha, dont le tournage a duré un an, se déroule dans plusieurs quartier de New York, quelques scènes ont été tournée à Sacramento, où la comédienne a réussi à convaincre sa famille, sa soeur, son frère et ses parents  de participer au tournage, et ceux-ci délivrent une interprètation quasi parfaite pour des non professionnels..Cette scène n'est pas sans rappeler le style Woody Allen

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 Frances Ha, un OVNI dans le cinéma actuel? 

Assurément si l'on en croit les critiques américains. Même si on déplore le décès réçent de Robert Egbert, la meilleure plume critique que les yankees ont connu, et qui j'en suis certaine, aurait adoré Frances Ha, il reste encore les autres qui pratiquement d'une voix unanime sont tombés sous le charme... .par la grace de sa principale interprète Greta Gerwich,  la plus exitante des comédiennes américaines d'aujourd'hui.. Frances Ha, est  une belle étude d'observation sur la vie new-Yorkaise, sur les choix à faire quand on ne sait pas où l'on en est, et sur l'amitié qui reste quand même le ciment de la vie... 

frh10.jpgMême s' il ne fera pas l'unanimité, quelques journalistes prétextant un certain ennui....si les longs verbiages ne sont pas leur tasse de thé, que l'utilisation du noir et blanc (en digital) les dérange,  le film de Baumbach  plaira à la plus grande partie des cinéphiles.. Captivant, drôle, émouvant..  Le duo Gerwich/Baumbach parvient à conférer à son message, une étonnante universalité, tout en rendant au 7ème art sa nature première...celle de raconter l'histoire par l'image, alliée à une écriture d'une exquise douceur et une mise en scène rafinée. Ils nous démontrent par ricochet que le bonheur tout simple est à la portée de tous, quelques soient les drames et les ennuis...suffit simplement de le capter au bon moment. Pour ma part, lorsque en compagnie de Frances, j'ai sillonné Manhattan, fait une incursion à Brooklyn, poussé une pointe dans le New Jersey, et fait une petite halte dans Chinatown, la liste des courses et du courrier à envoyer, sont restés loin de moi.. J'étais dans le film et je partageait ses états-d'âme, pourtant, il fallait oser sacrifier comme l'a fait Noah Baumbach, la grandeur et les lourds budget pour dire " Allez on prends la caméra et on tourne" Dans le monde actuel des requins des studios, où la rentabilité prime, c 'était un pari risqué que le réalisateur à réussi haut la main...et Gerwich est un talent à l'état brut, qui avec ce rôle établit une nouvelle référence en matière de feel-good movie!

 

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A noter: le film se déroule sur fond de Modern Love de David Bowie (entre autre) et Mickey Sumner, la fille de Sting apparaît pour la première fois au cinéma. Cette dernière tourne en ce moment dans

CBGB, l'histoire de ce club situé sur Bowery et qui a vu défiler les plus grandes stars de la scène underground New Yorkaise.  Ceci fera l'objet d'une autre chonique

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