28 octobre 2013

Blackfisk Impressionnant

blackfish,sea world,californie,documentaire,orque,baleine,actualité cinéma,cinémaSynopsis 

Un thriller psychologique intense avec une orque en vedette, qui illustre comment la nature peut se venger lorsque l'homme la pousse dans ses derniers retranchements.  'Blackfish', c'est l'histoire de Tilikum, un orque condamné à devenir une bête de spectacle. Durant ses 30 années de aptivité, Tilikum a tué et blessé plusieurs personnes.  Gabriela Cowperthwaite, la réalisatrice du film, a interviewé des témoins directs. Elle dresse un portrait hallucinant de la manière dont ces animaux particulièrement intelligents sont maintenus en détention par l'industrie des parcs de loisir, avec pour seul objectif l'appât du gain.  Cette histoire interpellante pose une question cruciale : ces animaux peuvent-ils être détenus de la sorte, sans que des limites claires soient fixées ?

Le 24 février 2010 est un jour que les entraineurs de cétacés - et les amateurs de parcs aquatiques - n’oublieront jamais, particulièrement ceux qui se trouvaient à SeaWorld Orlando. C’est ce jour qu’une entraîneuse expérimentée, Dawn Brancheau, a été brutalement attaquée et tuée par l’une des orques les plus anciennes du parc, : Tilikum.

 Malgré ce terrible événement, et d’autres accidents similaires impliquant Tilikum, l’orque reçoit toujours l’amour et la sympathie de la part des entraineurs d’orques.

 Blackfish nous présente ces entraîneurs, qui se souviennent de l’aptitude et l’habileté de Brancheau quand elle travaillait avec les orques, et qui racontent ce qui les a attire vers ce métier atypique. 

 Si personne n’a compris à l’époque pourquoi l’orque a attaqué brutalement leur ancienne collègue, avec qui Tilikum a travaillé pendant des années, ces histoires partagées ainsi que les nouveaux elements de l’enquête réunis depuis l’incident offrent un point de vue inédit sur les rouages de SeaWorld, et leur perpétuelle stratégie de deformation d’informations sur les cétacés. 

Dans Blackfish, la scénariste et réalisatrice Gabriela Coperthwaite raconte l’histoire de ces entraineurs, mais, à travers leurs récits et ceux d’experts en cétacés, raconte également l’histoire de Tilikum. La description des conditions de la capture de Tilikum rappelle la complexité et la profondeur de la vie émotionnelle et sociale des orques, et permet de comprendre notamment les effets néfastes qu’a sur elles la separation de leur environnement naturel.  

blackfish,sea world,californie,documentaire,orque,baleine,actualité cinéma,cinémaL’histoire de Tilikum commence lors de sa capture à l’âge de deux ans dans l’Atlantique Nord en 1983. Il fût transporté vers son premier habitat artificiel au parc SeaLand on the Pacific, où, en 1991, il fût responsable de la mort de l’entraineuse Keltie Byrne.

Peu après, il fût acheté par SeaWorld Orlando, où son lien avec la mort de Byrne fût caché aux entraineurs, qui étaient autorisés à travailler étroitement avec lui. Les entraineurs de SeaWorld revèlent entre autres le genre de fausses informations fabriquées par la direction de SeaWorld et répétées inlassablement aux visiteurs du parc à propos de ces mammifères marins : allant de l’espérance de vie des orques (30 ans selon le personnel de SeaWorld, alors que la communauté scientifique s’accorde sur près d’une centaine d’années), à la docilité des orques à effectuer les numéros imposés par les entraineurs. 

Plusieurs attaques sont montrées et analysées, dont celle perpétrée sur Ken Peters, une des plus impressionnantes jamais capturées en vidéo. Ken Peters a habilement - et miraculeusement – survécu à l’étreinte d’un orque qui refusait de le relâcher, et l’a emporté au fond de la piscine à plusieurs reprises pour de longues périodes de temps au cours d’une inexplicable séance d’insoumission qui dura 12 minutes.

Le film détaille également l’affaire judiciaire portée contre SeaWorld par l’Agence Fédérale de la Sûreté du Travail (OSHA), qui met en lumière les détails de la mort de Dawn Brancheau et les mesures exigées par l’OSHA – et combattues par SeaWorld – pour protéger les entraineurs contre de nouvelles attaques.

 

A propos du film

 Tout parent - particulièrement en Californie du Sud et en Floride - a eu SeaWorld sur la liste de ses destinations de vacances à un moment ou un autre. C’est un endroit où la famille a l’opportunité de voir une variété d’animaux marins, des otaries aux lions de mer, jusqu’aux dauphins et aux orques. La cinéaste Gabriela Cowperthwaite était l’un de ces parents.

 

blackfish,sea world,californie,documentaire,orque,baleine,actualité cinéma,cinémaOriginaire de Los Angeles et mère de jumeaux de 7 ans, Cowperthwaite s’était rendu au parc à plusieurs reprises. Mais c’est en se lisant des articles à propos de la mort de Dawn Brancheau que son intérêt en tant que documentariste a été piqué. L’ancienne réalisatrice de séries pour le National Geographic et ESPN, entre autre (“City Lax: An Urban Lacrosse Story,” 2010) raconte : « J’ai lu tout ce que je pouvais me mettre sous la main. Et je me souviens que quand Dawn Brancheau a été tuée, je n’arrivais pas à concevoir ce qui s’était passé. J’ai commencé à lire sur le sujet, et plus je lisais, moins je comprenais. Le plus troublant était le communiqué officiel de SeaWorld, qui disait que Brancheau avait simplement glissé et puis que Tilikum avait attrapé sa queue de cheval et l’avait tiré jusqu’au fond de l’eau, jusqu’à ce qu’elle se noie.  C’était déroutant. Il y avait beaucoup de questions sans réponses, et je sentais que si j’avais tant de questions, alors d’autres bénéficieraient aussi surement des réponses. »

 

Cowperthwaite se plongea dans tout le matériel qu’elle pouvait trouver, découvrant les réponses à certaines questions, s’en posant d’avantage au fur et à mesure qu’elle avançait dans ses recherches. L’auteur Tim Zimmermann, qui a écrit un article sur le sujet des orques intitulé “L’assassin dans la piscine” (“The Killer in the Pool”) pour Outside Magazine, fût un point de départ pour la réalisatrice - et elle lui demanda même d’être producteur associé du film. Elle étudia les rapports de l’OSHA à propos de l’incident, ainsi que l’affaire judiciaire contre SeaWorld. Mais le plus important était le rapport d’autopsie de Brancheau, qui décrivait de manière très graphique les ravages causés par l’orque sur le corps de cette femme de 40 ans (notamment l’avulsion de son scalp et de son bras gauche).

 

blackfish,sea world,californie,documentaire,orque,baleine,actualité cinéma,cinéma« C’était évident à la lecture de l’autopsie que c’était une attaque agressive et brutale - même si SeaWorld se tenait à son explication de la queue de cheval. C’était un horrible. Et il n’y a pas un seul rapport d’orques tuant des humains dans la nature. »

 

Comme la plupart d’entre nous, Cowperthwaite pensait d’abord aux cétacés comme de gentils géants de l’océan, avides de vivre aux cotés des Hommes. « Je pensais naïvement que j’allais faire un documentaire sur les humains et leur relation avec leur homologue animal, que ces animaux étaient nos camarades, cétacés qui étaient là pour nous sauver et nous protéger des requins blancs. Comment une entraineuse qualifiée a-t-elle pu perdre sa vie aux mains d’un animal qui, soit-disant, l’aimait? C’était la question qui me motivait. Et le plus je faisais de recherches, plus tout ceci me paraissait choquant. Je savais que je n’avais pas d’autre choix que de dire la vérité. »

Cowperthwaite fit la connaissance de plusieurs entraineurs qui avaient quitté Sea World et entamé un rôle actif dans l’étude et le changement de la situation des orques dans les parcs aquatiques. « Le jour où Dawn a été tuée, j’ai contacté [l’ancien entraineur] Jeff Ventre, avec qui j’avais gardé des liens,  » explique John Jett, un entraineur ayant quitté Orlando en 1996. « J’ai dit : tu sais, quelqu’un est mort. » On s’est demandé : alors, que fait-on ? Peut-être qu’il est temps d’entrer en action. » La mort de Dawn était devenu le catalyseur qui nous a fait réagir officiellement contre cette affaire d’orques. »

 Jett et Ventre adressaient en fait ces sujets en public, depuis les années 1990 avant d’être contactés par Zimmerman, et ils étaient impatients de s’engager. « Tim est un bon écrivain, et il fonde ses idées sur des faits et des preuves, ce qui est aussi ma manière de procéder », ajoute Jett. D’autres anciens entraineurs d’orques, dont Samantha Berg, Dean Gomershall et Carol Ray se sont aussi impliqués, suivis de Kim Ashdown et John Hargrove, qui n’ont quitté le parc que plus récemment.

Après les avoir rencontrés, Cowperthwaite se rendît compte qu’ils pourraient être les acteurs clefs du développement du film. « Je les comprenais », se souvient-elle. « Dès ma première entrevue, je me suis rendu compte qu’ils seraient la colonne vertébrale de l’histoire. Il se trouve que le film est devenu l’histoire de Tilikum, mais racontée par les entraineurs. C’est un film basé sur des faits, tout en étant guidé par des anecdotes et des histoires parallèles - à la fois celles de Tilikum et celles des entraineurs, depuis le début de leur carrière jusqu’à leur désillusion complète. »

blackfish,sea world,californie,documentaire,orque,baleine,actualité cinéma,cinémaEn préparant les entrevues, Cowperthwaite avait étudié les textes mentionnés précédemment pour préparer des questions pour les entraineurs, mais leurs réponses montraient à la réalisatrice que l’histoire était plus grande qu’elle l’imaginait au début. « J’imaginais donc initialement le film comme une grande histoire à propos des Hommes et des animaux. Mais plus on se mettait à parler, ce qu’ils racontaient à propos de leur carrière à Sea World m’a époustouflé. Les entrevues sont quasiment devenues des enquètes - dont certaines m’ont guidée dans la manière de raconter l’histoire. »

« Elle posait des questions très générales », se souvient Jett, « des choses comme : quel type d’entraineuse était Dawn? Ou comment se passait le travail avec Tilikum? Mais elle a rapidement ajusté ses questions pour suivre les chemins que je lui proposais. Elle était très flexible, et cela nous a permis de suivre des voies qui en fin de compte étaient très intéressantes. »

 

Les entraineurs interrogés partageaient un requête en particulier, afin de s’impliquer dans le film : « leur condition sine qua non pour faire partie du film était que ce soit basé sur des faits - et non une reconstruction dramatique. » L’approche de la réalisatrice a immédiatement plu aux entraineurs tels que Jett. «  Elle voulait faire un film honnête, uste et véridique, ce qui étaient aussi mes critères, » explique-t-il. « Et je pense qu’elle a réussi. Éviter de dramatiser est un élément clé pour obtenir - et maintenir - l’attention du spectateur dans un film tel comme celui-ci. Sea World a un sacré talent quand il s’agit de faire passer la communauté scientifique ou militante pour une bande de cinglés. Et, malheureusement, il y a beaucoup d’approches militantes qui, pour une raison ou une autre, ne sont pas acceptés par le courant dominant. Donc un attachement strict à une approche véridique, et fondée sur des faits, est devenu la voix du film. »

 

Le Professeur Associé Dr. David Duffus de l’Université de Victoria, est à la tête du laboratoire de recherche sur les cétacés. Il apparait dans le film aux cotés de plusieurs autres universitaires et experts en cétacés, et il approuve lui aussi de l’approche choisie par la réalisatrice. « On a tous entendu beaucoup de discours enflammés à propos de Sea World, mais cela ne semble pas informer le public du tout. L’idéal, et ce que Gabriella tentait de faire, serait en fait de réellement engager la question et d’amener les spectateurs à y réfléchir par eux-mêmes. La manière d’y arriver est de simplement présenter les faits, et de laisser le public décider par lui-même, explique Jett. « Tous les anciens entraineurs ont fait très attention à ne pas s’emporter. La chose la plus importante est de dire la vérité. Parce que la vérité est inattaquable. »

 

La mort d’entraineurs à SeaWorld

Les inquiétudes à propos du fait que les entraineurs et les orques nagent dans la même piscine à SeaWold, ne sont pas sans fondement. Il y a eu de nombreux incidents - à part celui de la mort de DawnBrancheau – relatés dans Blackfish.

Un incident connu a eu lieu en 2006 à SeaWorld, pendant lequel une orque de 22 ans du nom de Kasatka attrapa le pied de son entraineur Ken Peter et l’attira au fond de la piscine à plusieurs reprises - devant un public ahuri - au long d’une période de 12 minutes. On voit que Peters est ramené à la surface régulièrement, toujours sous l’emprise de Kasatka, et caresse calmement l’animal avant d’être entrainé à nouveau sous l’eau.

« C’est incroyable qu’il aie réussi à maintenir sa ventilation, à retenir sa respiration et à ne pas paniquer, explique Duffus. Mais il était à un doigt de la mort. Si ça avait été un Mr Dupont ordinaire, l’affaire n’aurait pas duré plus d’une minute. »

« Le fait que Kasatka tire Peters jusqu’au fond de la piscine et le ramène à la surface est un comportement, à nouveau, enraciné dans les gènes de l’animal. Tirer les animaux sous l’eau est un comportement de prédateur commun chez les orques, explique-t-il. « Ils font ça avec les phoques. Mais ça serait impossible pour eux de savoir combien de temps un humain peut retenir sa respiration. C’est intéressant à spéculer - c’est une affaire vraiment mystérieuse. »

« Le mot clé est « prédateur ». Lorsque Kasatka lâche enfin le pied de Peters et que celui-ci se précipite vers une rampe au bord de la piscine, on peut voir que l’orque essaie à nouveau de le capturer - pour on ne sait quelle fin. On voit dans la vidéo que l’orque nage en cercles devant la rampe, et observe ce qu’ils font, explique Jett. Ca me fait penser que l’animal n’en avait pas fini avec Peters. Elle essayait de trouver un moyen de récupérer ce corps. Elle n’avait pas fini. »

Duffus trouve curieux ce qui s’est ensuite passé avec l’entraineur. « Le fait qu’il travaille encore pour SeaWorld à San Diego est ahurissant! Et Peters insiste qu’il n’avait pas peur. D’une manière ou d’une autre, il n’avait aucun contrôle sur la baleine. Kasatka était en contrôle total et elle ne l’a pas tué. Il a une sacrée chance d’être en vie. »

blackfish,sea world,californie,documentaire,orque,baleine,actualité cinéma,cinémaDawn Brancheau fût moins chanceuse, sa mort a encouragé l’Occupational Safety and Health Administration (OSHA) a intenter un procès contre SeaWorld, afin d’empêcher que les entraineurs de SeaWorld mettent leurs vies en danger au nom de divertissement. Tout comme Keltie Byrne, Brancheau a été attrapée par Tilikum après être rentrée en contact proche avec l’animal - comme elle l’avait fait une infinité de fois auparavant. 

Le niveau de frustration et de stress de l’animal est, dans un sens, compréhensible, explique Berg. «  Il est dans une situation horrible. Voilà un animal immense et majestueux qui est réduit à la performance de son petit éclaboussement dans une piscine minuscule, et ça fait 20 ans qu’il le fait ! Ensuite il retourne dans un espace qui représente pour un animal de sa taille l’équivalent d’une cellule de prison. Sa vie est tellement limitée. Il a eu une opportunité de faire quelque chose de plus intéressant, et il l’a saisie. Pourquoi ça a escaladé en quelque chose de si violent, personne ne le saura jamais. » 

L’animal continuait à « jouer » avec le corps, bien après qu’elle n’ait péri. « On voit ça souvent avec de jeunes orques, explique Duffus. Elles harassent de potentielles proies. Et elles font des exercices d’entrainement avec leurs petits, jouant littéralement avec un phoque mort pendant des heures, le jetant en l’air. Donc c’est un entrainement, afin d’augmenter la force physique et la coordination. C’est une histoire d’évolution.

Cela a pris à l’équipe de SeaWorld un temps insupportable pour retirer le corps mutilé de Dawn Brancheau de la bouche de Tilikum, après ce que Cowperthwaite a décrit comme une attaque profondément violente. Ils ont seulement réussi en le guidant vers une piscine plus petite qui fût drainée jusqu’à ce que la baleine puisse être atteinte avec des bâtons de bois afin d’ouvrir sa bouche, selon Jett.

blackfish,sea world,californie,documentaire,orque,baleine,actualité cinéma,cinémaBien que Brancheau soit visible brièvement avec Tilikum pendant la vidéo précédant l’attaque, Cowperthwaite tenait à ne pas inclure les images grotesques de l’attaque. “Il n’y a absolument aucune valeur éducative à voir cette vidéo,” explique la réalisatrice. “Il n’y a rien qu’on ne puisse pas apprendre de l’autopsie.” Bien que les images aient été accessibles (puisqu’elles faisaient partie d’un dossier public dans le cas d’OSHA), elle explique : « dès le départ, quand je pensais pouvoir m’en procurer une copie, je savais que je ne la voudrais pas l’utiliser. Elle est enfermée dans une chambre forte, et la famille est en litige pour essayer de la retirer du public. Il n’y avait aucune raison pour que je l’utilise dans mon film! Je n’aurais pas pu vivre avec cette décision. »

 http://www.magpictures.com/blackfish/

 

 

 

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