13 mai 2014

Rétrospective du cinéaste révolutionnaire Masao Adachi au Cinéma Nova

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En mai, le Cinéma Nova explore le travail explosif, subversif, rare et impertinent du cinéaste japonais Masao Adachi du jusqu' au 1er juin. Artiste libre dont l’œuvre s’étend autant dans la recherche créative que dans l’action politique, ce qui l’amènera à vivre dans la clandestinité pendant des décennies et à passer par la case prison.

Très tôt engagé dans les luttes politiques de son temps, - les années 60, marquées par la lutte contre le traité américano-japonais; contre la construction de l'aéroport de Narita; contre l'augmentation des droits d'accès aux études supérieures... - Adachi déploie une énergie considérable comme critique de cinéma, théoricien, réalisateur, acteur, scénariste... pour transformer la forme cinématographique, ainsi (r)éveiller les consciences et bousculer l'ordre établi. Il réalise des œuvres uniques telles que "School Girl Guerrilla" qui pose les fondements d'une variante engagée du cinéma érotique japonais aussi appelé Pinku Eeiga, ou encore "A.K.A. The Serial Killer", mise en images audacieuse de la théorie du paysage.



Son parcours cinématographique s'enrichit des rencontres avec Kôji Wakamatsu ("Ecstasy of the Angels" "United Red Army") qui devient son plus proche collaborateur, et Nagisa Ôshima ("l'Empire des sens", "Furyo") avec qui il collabore sur les deux perles subversives, drôles et ingénieuses que sont ""Three Resuracted Drunkards" et "Death By Hanging".

En 1971 Adachi foule le tapis rouge du festival de Cannes pour présenter le film réalisé par Wakamatsu "Sex Jack" qu'il scénarise. Sur la route du retour, Wakamatsu et Adachi font un crochet par la Palestine pour se rendre compte concrètement du quotidien de la lutte du peuple palestinien. Grâce au contact établi avec Fusako Shigenobu, leader de la Japanese Red Army, les deux comparses réalisent "Red Army - PFLP: Declaration of World War", film-manifeste rare qui montre la lutte révolutionnaire de l'intérieur. Adachi s'envole en 1974 vers le Liban pour s'investir dans le mouvement révolutionnaire armé.

Suite à un passage par la case prison en 1997, une extradition vers le Japon en 2001 et soumis à une interdiction de quitter le territoire nippon toujours en application aujourd'hui, Adachi reprend la caméra, réalise "Prisoner/Terrorist" en 2006, collabore à de nombreux documentaires et travaille depuis 2011 avec Eric Baudelaire, réalisateur issu du monde de l'art contemporain. Ils collaborent d'abord sur le documentaire, "L'anabase de May et Fusako Shigenobu, Masao Adachi et 27 années sans images" et ensuite sur la fiction "The Ugly One" qu'il scénarise depuis le Japon alors que Baudelaire filme dans un Beyrouth aux abois.

Cette programmation exceptionnelle sera complétée par deux rencontres exclusives: l'une avec Eric Baudelaire et Juliette Navis, l'actrice principale du film "The Ugly One", le dimanche 4 mai dès 18h et la seconde en compagnie de deux spécialistes du cinéaste japonais, Gô Hirasawa et Dick Stegewerns, et Masao Adachi himself, contacté en live depuis le Japon par vidéoconférence le .

Ce cycle de projection est l'occasion unique de découvrir le travail fascinant d'un homme enragé qui embrasse pleinement l'idéal révolutionnaire.
"Pourquoi choisir entre le port d'une caméra ou d'un fusil quand on a deux mains" annonçait-il sobrement.

12:22 Publié dans Hommages. | Tags : masao adachi, cinéma nova, bruxelles, actualité cinéma, rétrospective | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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