30 août 2011

La journée de la Jupe sous la loupe!

jupe rezo film Comme le hasard fait souvent bien les choses.

Alors que côté de la chaîne Culturelle ARTE, un film sur la mini-jupe et le swinging london de Mary Quant est programmé, au même moment à 20h15 , la chaîne belge RTBF porgramme "La Journée de la Jupe" le drame qui vit le retour d'Isabelle Adjani sur le devant de la scène...

"LA JOURNEE DE LA JUPEé  est un film coup de poing, dont on ne sort pas intact, et surtout qui laisse de nombreuses interrogations.....mais surtout, nous ouvre les yeux sur la calvaire enduré par certain(e)s profs dans les établissements scolaires dits "à risques". Afin de vous aider à y voir plus clair, je reprends ici l'un des billets que j'avais écrits en 2009. Bon film... et surtout, accrochez vous à votre siège ou calez -vous bien au fond de votre canaté.. Vous allez en prendre plein les mirettes.

Le film de Jean Paul Lilienfeld a d'abord été réalisé pour la télévision, parce que ne trouvant pas de producteurs et de distributeurs  assez "couillus" pour le grand écran.  Ensuite, la chaîne culturelle allemande Arte ayant flairé le bon truc l'avait programmé en décembre dernier, suivi en mars, internet ayant joué son rôle d'abitre à la perfection, par notre chère chaîne RTBF nationale. Fort de ses 2.400.000 spectateurs (comment font-ils pour mesurer les audiences?) le film a été distribué dans 50 salles françaises seulement.  Pourquoi 50 salles seulement? Bonne question, dont la réponse se trouve probablement dans le sujet traîté par le film. Thème sur le fil du rasoir, qui a du faire reculer pas mals d'exploitants de salles, qui aujourd'hui doivent s'en mordre les doigts sans doute! Ayant eu l'occasion de la voir en vision-presse je ne peux que vous conseiller d'aller le voir. Programmé à partir du 15 juillet, sa sortie est une  reconnaisance tardive pour un film, véritable pavé dans la marre du politiquement correct, et solide baffle dans la g.. des politiques qui "se voilent " si facilement la face, lorsqu'il leur faut quitter le fauteuil douillet de leur cabinet ministériel, pour descendre sur le terrain, et voir à quel point les enseignants ont du mal à excercer leur métier! La Journée de la Jupe est d'un réalisme confondant, bien loin du pathétique "Entre les Murs" ou j'avoue n'avoir toujours pas compris le succès, tellement ce film est plat à côté du coup de poing asséné par  l'autre.    A côté de la jupe, les murs me donnent l'impression de n'être qu'une longue fiction, très plate. En tout cas, je n'ai qu'un souhait, c'est que "La Journée de la Jupe" ne laissera personne indifférent, et ouvrira des débats. Avec encore Denis Podalydes et Jackie Beroyer (Ex Canal+)adjani  Que dire encore? Avec une interprètation 5 étoiles d'Isabelle Adjani, épatante, criante de vérité, sans surjeu, sans mimiques inutiles, "La Journée de la Jupe" est le film à voir cette semaine. Bien sûr, il aura du mal à côté d'Harry Potter et consorts....mais rien ne vous empêche d'aller voir les deux. L'un pour le rêve, l'autre pour la réalité, une réalité bien en face, une réalité qui plus que probablement se joue tous les jours, à deux pas de chez vous!!!!!!!!! Interview réalisée par Arte lors de la programmation. (Merci de l'autoriser)

 Interview d'Isabelle Adjani.

On connaît vos prises de position sur l’actualité – contre l’intégrisme et le racisme, pour l’Algérie et le Darfour, contre le voile à l’école et les tests ADN pour les candidats à l’immigration... Mais c’est la première fois qu’on retrouve ces préoccupations dans un film dont vous êtes l’héroïne. C’est ce qui vous a séduit dans La journée de la jupe ?

Au-delà du personnage de cette prof qui pète les plombs, j’ai surtout été frappée en effet par la justesse du constat social. Qu’est-ce que l’éducation aujourd’hui ? Comment en est-on arrivé à cette impasse ? C’est quand même une des dernières institutions d’intégration, comment se fait-il qu’elle soit dans cet état-là ? Comment se fait-il que le système soit en pareil disfonctionnement et qu’on soit dans un tel malentendu ? Qu’est-ce qu’on a fait à ces élèves ? Qu’est-ce qu’on a fait à ces professeurs ? Pourquoi et comment a-t-on abdiqué devant les exigences de l’enseignement ? J’ai vraiment apprécié que le film ne cherche pas à moraliser socialement, civiquement, qu’il ne cherche pas à donner des leçons, ni à apporter des solutions mais juste – si on peut dire ! – à poser toutes les questions, à mettre les spectateurs en face d’une dure réalité…

Comment vous êtes-vous retrouvée impliquée sur ce projet ?

Grâce à Smaïn que j’ai croisé un jour et qui m’a dit : « J ’ai lu un scénario formidable avec un très beau rôle de femme, il faudrait que tu le lises ». Parallèlement, des amis de Jean-Paul Lilienfeld m’en ont parlé et me l’ont fait passer. Je n’ai pas pris plus de dix minutes pour dire oui après l’avoir lu ! Lorsque j’ai rencontré Jean-Paul, il voulait faire « La journée de la jupe » pour le cinéma, mais il n’a pas trouvé le financement. Bien plus tard, il m’a téléphoné en me disant : « J ’ai une bonne et une mauvaise nouvelle : le film se fait mais c’est pour la télé. » Je lui ai répondu : « Pas de souci. Je vous ai dit que je serai là quand il y aurait une possibilité de le faire, donc je suis toujours là ». Grâce à l’implication d’Arte auprès de ses producteurs de Mascaret Films, deux mois plus tard, on tournait…


Le film s’est tourné en mai 2009 dernier, presque en douce, loin de tout battage médiatique…

Personne ne savait que je tournais et… c’était très bien ! Travailler comme ça, loin de toute pression, c’était un vrai soulagement. On devrait d’ailleurs tous pouvoir s' autoriser à la fois le luxe et la modestie de travailler dans ces conditions-là de mise à nu. Le plus important était de faire exister l’authenticité des relations entre
ce prof et ses élèves. C’était capital pour la crédibilité du film, pour la justesse du ton. Eux, ils avaient répété pendant deux mois et savaient leur texte au rasoir. Moi, je ne les ai rencontrés que le premier jour du tournage et… ils m’ont tout de suite appelée Madame ! Parce que je me suis plantée devant eux comme une prof de français, pas comme une actrice. Je pense que la plupart ne savaient pas qui j’étais, peut-être que leurs parents savaient ou qu’ils avaient vu à la télé un de mes films… Finalement, c’était bien comme ça. On n’était que dans le travail. Je n’ai jamais essayé de me rapprocher d’eux autrement qu’à travers ce qu’on avait à faire ensemble. Je n’ai pas fait 2 minutes de démagogie, pas même une ! Pour moi c’était essentiel. C’était la moindre des choses que je devais leur donner en retour de leur implication qui était totale et pas si évidente… Vous imaginez la somme de sentiments, de sensations, de complexités, enfouie, refoulée, qui était en jeu pour ces garçons et ces filles. Ils sont à la fois tellement sur la défensive et tellement tendres. En même temps, ils vous regardent droit dans les yeux, ils savent de quoi on parle, il faut, comme ils disent que « ça parle réel ». Il y a une scène où je leur dis : « Il n’y a que l’école qui puisse vous permettre de vous en sortir », ils m’écoutaient, mais dans le genre : « Tu as intérêt à nous dire quelque chose qui sonne vrai ! Tu as intérêt à ce que ce soit vrai parce que nous on ne va pas faire semblant de t’écouter si tu ne nous intéresses pas ! » C’était très clair. Ils sont vraiment vibrants d’authenticité et de vérité. Ils avaient leur façon à eux de dire ensuite si ce que j’avais fait passer dans la scène les avait touchés, atteints, convaincus. Entre nous, il y avait ce qui compte le plus pour eux : le respect.


Imaginiez-vous lorsque vous étiez adolescente à Genevilliers que trente ans plus tard, on pourrait réclamer sans rire « une journée de la jupe », comme le fait votre personnage, pour protéger les jeunes filles des agressions de leurs copains de classe ?

Certainement pas ! Ça donne le sentiment d’assister à une sacrée régression ! C’est dément. Malheureusement, c’est peut-être là qu’on mesure toutes les conséquences des situations post-coloniales. Aujourd’hui, les adolescents des banlieues ne savent pas toujours qui ils sont ni d’où ils viennent, ils sont à la recherche de leurs racines – racines qu’on se garde bien autour d’eux de valoriser… Tout naturellement, ils cherchent à les retrouver, à revenir aux sources, fut-ce d’une manière radicale.

Propos recueillis par Jean-Pierre Lavoignat

site officiel : http://www.rezofilms.com/distribution/la-journee-de-la-jupe

02 juillet 2009

Sans Rancune sous la loupe. Sortie Belge!

Lhermitte Hanchar andme
Comment j'ai "tué" Vapeur sans me faire attrapper!
Rencontre avec le réalisateur belge Yvan Hanchar.


« Sans Rancune ! » est certes une fiction, mais entretient un fort lien  avec mon  adolescence, dont  j’ai déformé,  en quelque  sorte,   un fantasme et peut-être aussi celui de mon père...Mon grand-père disparu à la guerre, le sentiment urgent qu’il me fallait  à  tout  prix  sortir  de  l’adolescence  et  faire  quelque  chose   de ma vie, ma difculté, comme  chacun, à savoir quoi et comment, un  prof  de  français  génial,  la  recherche  d’un  modèle,  sont   les  éléments  qui  m’ont  aidé  à  construire  l’intrigue  du  flm.    Un  jeune  étudiant  croit  voir  sous  les  traits  de  son  professeur   de français, surnommé « Vapeur », son père disparu à la guerre… ».Ainsi, Laurent Matagne est un peu de mon père, un peu de moi,   un peu de  vous  :  il  accélère  sa  course  vers  la fn de  l’âge  ingrat,  avec tous les sourires mais aussi toutes les émotions que cette période tragi-comique peut nous arracher. Pressé d’en fnir avec les incertitudes et  les non-dits,  il  se cherche  tout à  la  fois un père, une  identité, une  place  dans  la  littérature…  Cela  aurait  pu  être  le  cinéma,   la musique ou  la gastronomie,  seulement voilà, c’est Vapeur que   la vie a mis sur son chemin. Vapeur est le surnom d’un professeur de  français  qui  inspire  autant  de  craintes  que  de  fous  rires,   un homme qui manie avec humour le savoir et avec intransigeance la  bêtise,  un  écrivain  raté  qui  est  devenu  peu  à  peu  comédien,   pour le plus grand plaisir de ses classes, un personnage déroutant qui s’avance masqué.
Le jeune homme se lance donc à la poursuite hypothétique d’un père
et d’une vocation : deux (en)quêtes qui se croisent, s’infuencent,
et dont les solutions ne cessent de lui échapper.
Outre  le  choix  complexe  des  deux  acteurs  principaux  amenés
tant à se combattre qu’à s’admirer ; j’ai voulu mettre dans ce flm
beaucoup de  légèreté et de drôlerie, même pour  les personnages
secondaires,  témoins  amusés  du  chassé-croisé  entre  le  maître  
et l’élève.  Dès  l’écriture  du  scénario,  certaines  séquences  de  classe  étaient comme  des  morceaux  de  bravoure  pour  le  comédien  censé interpréter Vapeur,  à  tel  point  que  je me  suis  alors  demandé  :  
« Mais comment va-t-il  faire  ? ».   Tierry Lhermitte y est arrivé
au-delà  de  mes  espérances,  je  ne  sais  toujours  pas  comment.  
En tout cas, merci. À  travers  cette  comédie,  j’ai  cherché  à  rendre  la  complexité   des  départs  dans  l’existence  :  nous  balançons  toute  notre  vie entre de bonnes et mauvaises intuitions, de bonnes ou mauvaises aspirations, entre le rire et les larmes… nous vivons. (YVES HANCHAR)

Et moi j'ajouterai que Sans Rancune apporte ce petit brin de fraîcheur qui manque tellement dans les grosses productions, ce petit côté naturel qui sied à ce genre de comédie que l'on pourrait presque qualifier de comédie familiale. Sans Rancune, qui narre la quète de ses racines, pourrait s'appliquer à de nombreuses personnes, pour lesquelles, connaître son passé, d'où elles viennent et pourquoi la situation est telle qu'elle est, est si importante.  La recherche de ses proches "disparus", la recherche de ses racines, le déni de "deuil" et les désillusions suivies de grandes joies.  J''ajouterai encore que les jeunes acteurs sont excellents, avec une mention particulière à Milan Mauger, jeune premier qui me fait penser à Uliel par son physique. Quant à Thierry Lhermitte, dans un rôle excessivement difficile, en regard des dialogues ciblés grammaire française, il est impressionnant de justesse. Dans la peau du prof, il  s’amuse  avec  ses  élèves  tout  en  étant  autoritaire.   Il a su éviter le piège d'être une caricature du  personnage haut en couleurs, qui se laisse embarquer par un manque de vérité. Un grand comédien que ses précédentes apparitions dans la série des Bronzés ne permettaient pas de  perçevoir. Une agréable surprise en tout cas.  Tourné en grande partie dan s un magnifique domaine de Grez-d'oiseau, le film repose entièrement sur des dialogues décapants, de très bonnes leçons de francais. Même si chez certains, le film pourrait ne pas laisser un souvenir impérissable, ils auront au moins appris quelques chose. Zeugma par exemple. Savez-vous ce que c'est? Et bien, moi non! Jusqu'à ce jour. Les latinistes eux le savent, mais sont-ils si nombreux? Projeté dimanche dernier, dans le cadre du festival du film de Flagey, en présence de l'équipe, certaines scènes ont été tournée au "paquebot" Flagey dans l'ancienne Maison de la Radio, et sur la place Sainte-Croix. Juste retour au sources pour tous.

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Entretien avec Thierry Lhermitte.

Vous  êtes un des  rares  comédiens  à  travailler  sans  agent, vous gérez seul votre carrière, comment choisissez-vous vos flms  ? Au plaisir que je prends à la lecture d’un scénario, à mon intérêt pour l’histoire et  surtout à  la  façon dont elle est  racontée, est-ce que  j’ai envie de  tourner  les pages  et de connaître  la  suite  ? Mon attention se  porte  ensuite  sur  mon  personnage,  est-ce  que  je  vais  pouvoir   le  jouer  ?


Et il y avait tout cela dans « Sans Rancune ! » ?  Absolument,  cette histoire  était  extrêmement bien  écrite, originale, intrigante.  J’ai  lu  le  scénario  avec  un  intérêt  soutenu  jusqu’à   la dernière page. La complexité de mon personnage, ce prof de français surnommé « Vapeur », les questions que l’on se pose sur sa véritable identité renforcent l’intrigue. Là, je peux vous dire que j’avais un vrai plaisir à tourner les pages du scénario, ce qui n’est pas toujours le cas !   Il y a dans « Sans Rancune ! » des parfums de flms qui m’ont bien plu,    Le Cercle des poètes disparus », « Les Choristes », « Entre les Murs »…  (et Die Welle- La vague pour les scènes du début n.d.l.r.) 
«  Sans  Rancune  !  »  aborde  diférents  thèmes  à  travers  un récit d’apprentissage,  la  quête  d’un  père  par  un  adolescent,  l’émergence d’une  vocation,  la  transmission  d’une  passion  entre  un  homme  et   un jeune homme

 En quoi ces thèmes vous ont-ils touché ?
Tout  simplement  parce  que  ce  sont  des  thèmes  qui  touchent  tout   le  monde.  Il  y  a  aussi  cette  réfexion  entre  la  vie  réelle  et  la  vie inventée,  entre  la  réalité  et  l’écriture.  Est-ce  que  l’imagination,   la  création  vaut plus que  la  vie  ? Le point  important dans  ce flm,   qui  ajoute  à  la  crédibilité  du  sujet  et  à  l’émotion  du  spectateur,   c’est  que  le  réalisateur  a  vécu  une  situation  quasiment  identique   à celle de mon personnage. Et le plus étonnant, c’est qu’il a appris cela après avoir écrit le scénario !


Vapeur,  votre  personnage,  est  un  curieux  professeur  de  français   aux méthodes peu orthodoxes ! Un personnage pittoresque en effet. Un professeur comme on en rêve éventuellement. Qui peut déstabiliser et être irritant parfois.      
Je  le  pensais  aussi,  mais  en  fait,  tous  ses  élèves  l’adorent,  
même Boulette. On  le voit dans  la scène où Boulette dit à son ami
Laurent, « Tu sais, Vapeur avait fait pareil avec moi l’année dernière,  
il m’avait envoyé aux vaches moi aussi… » En fait les élèves apprécient ses méthodes surprenantes. Pour assister à ses cours, les élèves doivent laisser leurs cartables, leurs livres et leurs cahiers à la porte de la classe. Pendant  les  cours,  ils  n’écrivent  pas,  ils  écoutent. Vapeur  leur  prie de jeter certains mots par la fenêtre, comme « limite » ou « piège », des mots qui  entravent  la  liberté de penser  ! Vapeur  fait davantage appel à  leur  intelligence qu’à  leur mémoire. Il s’adresse à  l’individu.   Il met en garde  ses élèves contre un esprit moutonnier qui conduit   les hommes à servir de chair à canon, des propos plutôt surprenants   de  la  part  d’un  héros  de  la  guerre  ! 

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Sa méthode s’apparente à ce que l’on appelait « faire ses humanités »,  une  formation  pour  permettre  à  l’élève  de  devenir  soi-même  et   à l’armer pour la vie.

Oui, c’est de l’éducation plus que de l’enseignement. Ce devait être formidablement plaisant pour un  élève de  se  former dans  ce  genre
d’école où fnalement la liberté est le principal enseignement.

Comment souhaitiez-vous aborder ce rôle ?
Le  personnage  était  tellement  bien  écrit  que  je  n’ai  pas  cherché   à apporter des effets extérieurs. J’essaie de me pénétrer du personnage en lisant et relisant inlassablement les dialogues, jusqu’à ce qu’il y ait quelque chose qui se dégage et me guide. Je dis le texte en entier une fois par jour pendant un mois et demi, à haute voix, grammaticalement, sujet-verbe-complément. Au bout d’un moment, quand vous  l’avez dit  300  fois,  le  texte devient  vos mots,  vous  n’y  pensez  plus.  Vapeur  est   un genre de type qui fait son cinéma tout le temps, il joue, il ment…   Donc  il  faut  faire  attention,  le  spectateur  ne  doit  pas  uniquement entendre  sa  musique.  C’est  la  vérité  du  personnage  qu’il  vient chercher… même s’il remue beaucoup d’air.

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Il y a  tout de même un défi pour un comédien à  jouer  sincèrement   un personnage qui ment.
Tout à  fait, c’est  toujours  le problème. Dans  la vie,  j’arrive à croire un menteur précisément parce qu’il ment admirablement,  sinon,  le doute s’installe  très vite  et  je me dis  « Mais qu’est-ce qu’il me  raconte  là  ?  »
Ce  qui m’intéresse  dans  le métier  d’acteur,  c’est  de  créer  chaque  fois   un monde auquel je crois. On ne doit rien laisser paraître quand on joue un personnage qui a un secret.

C’est  ce que  fait  votre personnage,  il  vivait dans  l’illusion,  
dans une image idéalisée de lui-même, celle d’être un grand écrivain,
et fnalement,  lorsqu’il a compris qu’il n’en avait pas  le  talent,  il est
devenu prof.  
C’est  ce  que  lui  dit  cyniquement  un  de  ses  collègues  en  citant   Bernard Shaw, « Celui qui peut, agit ; celui qui ne peut pas, enseigne ».
Quand il a réalisé son échec, cet homme a tiré un trait sur ses ambitions littéraires, il a abandonné sa famille, il s’est tiré et il est reparti de zéro.
Cela arrive à quantité de gens de se dire, « J’en ai marre de ma vie,  
et si  je me barrais pour  faire autre chose dans un pays où personne   ne me connaît ? ».

Ne  pouvant  pas  être  un  écrivain  à  la  hauteur  de  son  ambition, cet  homme  change  de  nom,  d’identité.  C’est  presque  un  meurtre symbolique de lui-même.
Oui bien  sûr, et  il  l’exprime. La  scène où  la mère de Laurent vient chercher  son  fls  au  collège  est  bouleversante.  Marianne  Basler est remarquable  dans  cette  séquence  où  elle  saisit  la  façon  dont   cet homme est capable de mentir. J’ai connu des gens qui ont vécu  des histoires de ce genre. Un copain m’a raconté que son père s’était tiré quand il avait six ans. Pendant de longues années, cet ami a tout fait pour retrouver son père dans l’idée de lui faire payer cet abandon, même de lui casser la gueule. Il a fni par le rencontrer, son père tenait un  bistrot. Mon  ami m’a dit,  « En me  voyant, mon père  est parti   dans  l’arrière-salle, quand  il est  revenu,  je crois qu’il avait pleuré… Alors je me suis tiré sans dire un mot, et je ne suis plus jamais revenu. »

Quelles sont les qualités d’Yves Hanchar ?
Il vous emmène dans le monde un peu particulier de son imagination.
Les thèmes de chacun de ses flms sont très originaux. Il y a dans le
flm cette citation de Radiguet, qui fnalement pourrait  très bien  le
défnir,  « L’original est celui qui essaie de faire comme tout le monde
et qui n’y arrive pas ».

 Lhermitte and me

12 juin 2009

Isabelle Adjani superbe avec Albert!


albertdemonaco(photo DontMiss.com) Après une apparition étincellante  sur la Croisette de Cannes, les critiques plus que positives émises par l'ensemble de la presse cinématographique pour son rôle de prof déboussollée dans "La Journée de la Jupe" Isabelle Adjani est apparue superbe, rayonnante et radieuse aux côtés d'Albert Prince du rôcher de Monaco, où la Diva rehaussait de sa présence le Festival télé de Monte-Carlo. Et non seulement elle a irradié le rocher, mais elle s'est également vu remettre le prix de la Meilleure Actrice pour ledit film par le prince en personne, trop content d'être là! Ce film, je le rappelle a d'abord été réalisé pour la télévision, parce que ne trouvant pas de producteurs et de distributeurs  assez "couillus" pour le grand écran.  Ensuite, la chaîne culturelle allemande Arte ayant flairé le bon truc l'avait programmé en décembre dernier, suivi en mars, internet ayant joué son rôle d'abitre à la perfection, par notre chère chaîne RTBF nationale. Fort de ses 2.000.000 spectateurs (comment font-ils pour mesurer les audiences?) le film est à présent distribué dans 50 salles françaises et le sera très bientôt en Belgique. Pourquoi 50 salles seulement? Bonne question, dont la réponse se trouve probablement dans le sujet traîté par le film. Thème sur le fil du rasoir, qui a du faire reculer pas mals d'exploitants de salles, qui aujourd'hui doivent s'en mordre les doigts sans doute! Ayant eu l'occasion de la voir en vision-presse le mois dernier, je ne peux que vous conseiller d'aller le voir. La Journée de la Jupe" est un solide pavé dans la marre du "politiquement correct" et une solide baffe envers les politiques qui se "voilent" la face, lorsqu'il s'agit d'aller voir sur pièces, les difficultés qu'ont certains profs pour excecer leur métier. La Jupe, est d'un réalisme confondant, bien loin du pathétique "Entre les Murs" le film plat par excellence, qui donne plus l'illusion d'être une fiction à côté de l'interprètation exceptionnelle d' Adjani ...qui y est épatante, et criante de vérité! Pas de surjeu, pas de mimiques, une composition digne de l'Actor's Studio et au final, un retour gagnant!

adjaniEmportée par mon élan, j'allais oublier de vous donner le palmarès du festival. Mais bon, j'ai été à ce point marquée par "La Jupe" que je suis un peu distraite une fois que j'aborde le sujet...

LaurieMeilleure Série tv dramatique : "House"
Meilleure Série TV Comédie : "Desperate Housewives"

Meilleur Réalisateur pour un film de télévision : Rowan Joffe pour "The Shooting of Thomas Hurndall  -Meilleur Film de Télévision :"The Shooting of Thomas Hurndall"

Meilleur Acteur dans un film de télévision : Masakazu Tamura pour "Ah, You’re Really Gone Now"

 waltersMeilleure Actrice dans un film de télévision : Julie Walters (Mamma Mia. Billy Elliot. Franchise Harry Potter)) pour "A Short Stay in Switzerland" et  Isabelle Adjani pour "La journée de la jupe"

Meilleure Actrice dans une comédie : Valérie Bonneton dans "Fais pas ci, fais pas ça"
 Meilleur Acteur dans une comédie : Bruno Salomone dans "Fais pas ci, fais pas ça"


Meilleure Actrice dans une série dramatique : Christina Hendricks dans "Mad Men"
Meilleur Acteur dans une série dramatique : Jon Hamm dans "Mad Men"

 Meilleure Mini-Série : "The Wolves"
 Meilleur Soap Operas : "Amour, gloire et beauté"

20 octobre 2008

Yolande Moreau. Exceptionnelle dans Seraphine. Un César???Dossier complèt.

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En 1912, le collectionneur allemand Wilhelm Uhde, bourgeois dans un petit village, premier acheteur de Picasso et découvreur du douanier Rousseau, loue un appartement à Senlis pour écrire et se reposer de sa vie parisienne. Il prend à son service, une femme de ménage, Séraphine, 48 ans qui se tue au turbin, et qui dérange le village. Il est vrai que grimper au arbres et parler aux osieaux à de quoi interpeller...et quand elle ne parle pas à la sainte Vierge à l'église, elle se baigne nue dans la rivière...Vraiment un cas cette Séraphine!  Seulement dans son petit monde à elle, Séraphine a encore un secret...Elle aime peindre, mais pas de manière conventionelle..Elle utilise de la boue, du sang et de l'huile pour peindre des fruits, des fleurs, des oiseaux sur des planches en bois...Lorsque quelque temps plus tard, le collectionneur-marchand d'Art remarque chez des notables locaux une petite toile peinte sur bois, sa stupéfaction sera grande d'apprendre que l'auteur n'est autre que Séraphine. S'instaure alors une relation improbable entre le marchand d'art visionnaire et l'humble femme de ménage dont tout le monde se moque, et qui se méfiera dans un premier temps de son patron aussi,  ayant du mal a accepter qu'un notable puisse aimer son boulot! Cependant ce dernier va tout faire pour l'aider, avant que la grande guerre ne vienne freiner ce bel élan, et plonger Séraphine dans le plus grand dénuement. Cette histoire vraie va certainement provoquer quelques larmes chez les cinéphiles, tellement la manière de filmer du réalisateur appelle au calme. Quel beau regard sur les campagnes avec toutes les palettes de couleurs. Mais surtout qu'elle interprètation exceptionnelle de Yolande Moreau tout en humilité. Son jeu est absolûment parfait! Yolande moreau Seraphine
Après "Quand la Mer Monte" , film pour lequel elle obtint deux César (s) Meilleur Premier film- Meilleure actrice, et  "Villa Marguerite" pour la télévision, téléfilm avec lequel elle à remporté le Prix d'interprètation au festival de Fiction télé cette année, notre Yolande Moreau nationale (et oui, elle est belge) démontre encore une fois toute l'étendue de son talent. A tel point que, son nom revient souvent dans la liste des probables nominé(e)s aux Césars 2009.

 

seraphine moreau

 

maillol2

http://www.museemaillol.com/index2.html

Et pour les institutions dans l'Enseignement, il existe également un dossier pédagogique sur la peinture.

http://www.seraphine-lefilm.com/enseignants.html

• Synopsis du film
• Repères biographiques et chronologiques
• La peinture de Séraphine, sa "révélation" à l'art
• Wilhelm Uhde, premier collectionneur des "naïfs"
• La naissance de l'art moderne
• Ces peintres qu'on dit "naïfs"
• Des femmes peintres
• De l'écrit à l'écran : exemple de travail de mise en scène à partir d'un court extrait du scénario

Chers Amateurs d’Art,
Le dossier d’Accompagnement Pédagogique téléchargeable vous permettra de mieux connaître l’œuvre et le personnage de Séraphine de Senlis. Il est à votre disposition pour toute utilisation personnelle ou professionnelle