28 octobre 2009
Pandora's Box!. Un film superbe à Voir!!

Dans la mythologie grecque, la boîte de Pandore était une jarre renfermant tous les maux de l’humanité...Dans son quatrième film, la réalisatrice turque Yesim Ustaoglu, réutilise ce mythe pour faire d’une petite mamie chétive et perdue le détonateur d’une implosion familiale. Celui-ci met en scène la question problématique de l'hébergement de la vieille grand'mère atteinte de la maladie d'Alzheimer - interprétée d'une manière subtile et pimpante par l'actrice franco-anglaise Tsilla Chelton dans une prestation essentiellement gestuelle, et qui sous sa tignasse blanche, ses charentaises bien trop grandes, et sa mémoire en fuite est tout simplement exceptionnelle. Cette fabuleuse comédienne de théâtre, loin de Mam de Melting Pot Café (Rtbf) mais assez proche de par le côté austère du personnage de Tatie Daniel, le corps enfermé dans un profond mutisme, délivre une prestation tout en finesse et fait se raviver au sein de la famille des frustations et disfonctionnements familiaux mis en veilleuse pendant des années. Lorsque par moment, sa mémoire défaillante lui revient, c'est par fêlures familliales qu'elle s'extériorise.

La réalisatrice fait s'opposer, sur le mode d'une fable poétique, la relation privilégiée qui va se développer entre la grand'mère catalyseur de l'histoire, et pièce maitresse du film, et le petit-fils, fugueur à ses heures et incompris par ses parents. De leur rencontre naissent les travers de chacun : la frustration de la fille aînée, l’égoïsme de sa cadette, l’immaturité du benjamin. Après un début en forme de Road-movie où l'on passe d'un petit village à Istambul, la "Boite de Pandore" s'ouvre sur une chronique familiale, où l'on retrouve Nesrin, femme au foyer mariée, et mère de Murat, qui n'a de cesse de se rebeller contre l’autorité parentale. Guzin, sa sœur, journaliste célibataire vivant une histoire d’amour à sens unique avec un homme qui ne la respecte pas. Et Mehmet, le frère trentenaire, paumé et désoeuvré, qui vit dans un bordel indescriptible, et passe ses journées à boire comme un trou et à fumer des joints. C'est pourtant dans cet endroit sordide que Murat et la grand'mère qui se sera "sauvée" une fois de plus, tisseront des liens. A eux deux, ils vont en faire voir des vertes et des pas mûres au reste du clan, tout en délivrant un magnifique message d'espoir.
Le film démarre sur une belle scène, et se termine également par une lyrique de Nesrin dans les (ses) montagnes qu'elle aime tant. Belle métaphore et beau retour aux sources!

Et c'est avec cette dernière image d'une alerte nonagénaire dans la mémoire que je me suis rendue au rendez-vous avec Tsilla Shelton. Je n'ai pas été déçue. Alors que les entretiens durent en général 30 minutes, je ne suis sortier qu'une heure et cinq minutes plus tard. Une vraie "babelute" comme on dit chez nous. C'est dans son salon de Forest avec une tasse de thé à la menthe que la grande comédienne m'a confié avoir été emballée par la réalisatrice Yesim Ustaoglu qui en débarquant chez elle était convaincue que le rôle était pour elle. "J’ai eu envie de la suivre, puisqu’elle m’a fait entièrement confiance. Dès que je l’ai vue, j’ai eu envie de travailler avec elle, avant même d’avoir lu le scénario. J’ai immédiatement été séduite par sa personnalité". Et pour le turc? "
Je ne voulais surtout pas être doublée. J’ai appris le rôle en turc avec un coach. Je joue le rôle d’une paysanne de souche. Je ne devais donc surtout pas avoir d’accent, et surtout je comprenais tout ce que je disais." (sourires). Et de joindre le geste à la parole. "Tatie Daniel m' à gratifiée de quelques phrases en turc, auxquelles je n'ai rien compris. Mais cela n'avait pas trop grande importance, car emportée par son élan, Tsilla est repartie de plus belle dans ses souvenirs de tournage. Et croyez-moi, ici pas question d'Alzheimer. Tout est bien clair et précis! "j’ai découvert un pays qui à sa place dans l’Europe, nous avons été jusque dans le quartier branché d’Istanbul, qui ressemble un peu à Saint-Germain-des-Prés. Les jeunes femmes n’ont rien à envier à l’élégance ni à l’audace des Parisiennes. Et même dans le quartier kurde, zone de non-droit où même la police ne met pas les pieds, on nous a laissé tourner sans problème" Fort curieusement, la comédienne m'a encore confié que les gens malheureusement ne retiennent que son rôle de vieille acariâtre dans Tatie Daniel, alors qu'elle est sur les planches depuis plus de soixante ans. " J’ai aussi enseigné plus de trente ans et ces années sont pour moi très formatrices. Tout ce que l’on sait intuitivement, doit être transmis. Le cours que je donnais ne comptait jamais plus de 15 élèves parce qu'il faut cerner ses élèves dès le début. Dans ce domaine, je ne crois pas aux cours particuliers. Il s’agissait pour moi de cerner les individus, presque comme un analyste sans être bien psychologue. (Elle a enseigné aux futures stars du Splendid - Gérard Jugnot, Michel Blanc, Thierry Lhermite (NDLR) "J'ai aussi joué beaucoup d’auteurs contemporains. Ionesco pendant plus de douze ans lors de mon arrivée à Paris en 1945, ou encore Beckett La poésie à toujours fait partie de ma vie et j'ai créé des récitals de poésie en Belgique (où elle vit désormais, jugeant les loyers trop élevés en France )en choisissant les poèmes les plus connus de Verlaine, Baudelaire ou Rimbaud. J’ai travaillé deux ans une dizaine de textes. Je les dis dans de petites salles comme celles de Mons ou Moucron parce que l’on ne peut pas hurler des poèmes ou « envoyer » la voix comme sur la scène du Français" C'était essentiellement pour Pandora's Box que j'allais à sa rencontre, mais le verbiage, la culture, la diction de Tsilla m'ont tellement épaté que j'aimerai qie le public en garde le même souvenir que moi, à savoir une petite bonne femme énergique, pleine de saveur, exquise, charmante, cultivée, et pour laquelle j'ai le plus profond respect, et une immense admiration...
Interview du 14 octobre 2009
.
08:30 Publié dans drames, | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualite, cine, pandora s box, cinema, alzheimer, maladie, actualite, cine, cinema, blog, blog, blog de mich, turquie, memoire, yesim ustaoglu, tsilla chelton, theatre, drame, road-movie |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
11 juin 2009
l'Avant-première de "Où est la Main de l'Homme sans Tête" en présence de cécile de France ce soir au Vendôme de Bruxelles

Cécile de France les réalisateurs Stéphane et Guillaume
viennent présenter leur film
ce jeudi 11 juin à 20h30 au cinéma Vendôme
présentation sur scène animée par Cathy Immelen
Site officiel du film : http://www.ouestlamain.com

avec Cécile de France, Ulrich Tukur, Jacky Lambert, Bouli Lanners
Bayard d’Or de la Meilleure Comédienne, Cécile de FranceBayard d’Or de la Meilleure Photographie, Nicolas Guicheteau au Festival International du Film Francophone de Namur 2007
Synopsis : Eva, une jeune femme de vingt-cinq ans, est plongeuse olympique : une championne. Son père, Peter, est son entraîneur. Lors d’une compétition, Eva grimpe jusqu’à la plate-forme des dix mètres. Elle s’élance quand soudain elle aperçoit une ombre dans le bassin. Terrifiée par cette vision, Eva perd brusquement l’équilibre, son crâne heurte le plongeoir et c’est la chute. Le trou noir. Quand Eva reprend connaissance, c’est à l’hôpital. Naturellement, son père est à son chevet. Pour lui, l’accident est déjà du passé : les Jeux Olympiques approchent, il ne faut surtout pas rater les éliminatoires. Mais Eva ne l’entend pas ainsi. L’accident l’a changée ainsi que son existence. Durant son coma, son frère a disparu. Aussi décide-t-elle de forcer sa mémoire à se souvenir, à briser ce mur de silence qu’a dressé son père tout autour d’elle. Eva en sortira bouleversée. Sa famille aussi, et rien ne sera jamais plus comme avant. Extrait du site Ciné Europa :

.... ce thriller labyrinthique (étiquette officielle) nous place au cœur d'une intrigue alambiquée. Son héroïne ? Eva, plongeuse professionnelle incarnée par la bellissima Cécile de France, une des égéries du cinéma d’ici.
Le pitch ? Difficile à résumer sans trahir les secrets qui font le charme et le mystère de ce long-métrage, mais on peut quand même révéler qu'Eva, à la suite d’un accident à l’entraînement, perdra la mémoire. Pour rendre crédible cette scène clef du film, les Malandrin ont fait appel à Digital Graphics, une société liégeoise spécialisée dans la manipulation d'images.
La séquence a donc été tournée en trois fois. D’abord avec une plongeuse professionnelle, capable d’effectuer les voltiges les plus impressionnantes. Une sportive au physique proche de celui de Cécile de France sur qui Digital Graphics est venu digitalement greffer le visage de la star namuroise. Ensuite, le choc. La tête d’Eva heurte le plongeoir. Pour cette étape, on a utilisé un mannequin et des effets spéciaux tout en 3D. Restait à filmer de manière convaincante la chute de l’athlète, ce qui ne fut possible qu’avec la participation d’une cascadeuse qui s’est offert un joli plat d’une hauteur de 10m. "

sortie en Belgique le 17 juin 2009
A propos du titre.
Attention, malgré son côté comique qui, à priori ne veut rien dire, sa cache en réalité un drame, même si par moment des spectateurs sont amenés à rire pour le petit théâtre de la cruauté qui passe sous le récit. Le titre est une injonction, c'est à dire un ordre, l'ordre de trouver la main de l'homme sans tête . cela ne veut rien dire, et c'est justement là, le problème. Car Eva est habituée à reçevoir des ordres, et là maintenant, plongée dans son amnésie, elle n'a que cet ordre dans sa tête: chercher la main de l'homme décapité. Bref, le film des frères Malandrin est un film très complexe...dont seul le spectateur pourra déchiffrer le puzzle de cette histoire déconcertante, -c'est lui qui assemble, recoupe, associe, construit, ety tire des conclusion, car confidence....Qui est mort? Qui se suicide? Pour le film c'est la même chose,il n'y a que le type qui est mort qui sait le fin mot de l'histoire ...et le spectateur- (S.Malandrin),
Brèves: Tourné en grande partie dans l'immense Basilique de Koekelberg à Bruxelles, impôsante dans la séquence de début, absolûment magistr
ale. Une énorme bâtisse qui peut faire peur à priori, raison pour laquelles les Malandrin l'ont choisie, un peu par clin d'oeil à Vertigo avec James Stewart et Kim Novak. "Où est" rappelle aussi par moment Lynch, Delvaux, Polanski, par ses approches de l'inconscient et de la folie...."
Où est la main de l'Homme sans tête" film atypique, un thriller, teinté d'angoisse et plein de choses concrètes, telles une disparition, un méchant (Jacky lambert) une poursuite, un assassinat, une énigme, un esprit persécuté, des endroits sombres, de la pluie, de la boue,l' hiver, la nuit. Un film mental et flippant!
Brèves Cécile de France: L'Auberge Espagnole, Mauvaise Foi, Le Tour du monde en 80 jours, Fauteuil d'Orchestre, Soeur Sourire.
Brèves Ulrich Tukur: Amen, Solaris, La Vie des Autres.
Brèves Bouli Lanners: Les Snuls, Les Convoyeurs attendent, Astérix, j'ai toujours rêvé d'être Gansgter, Ultranova, Eldorado.
13:57 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualite, actualite cinema, guillaume et stephane malandrin, ulrrich tukur, bouli lanners, cine, cinema, vertigo, basilique, koekelberg, lynch, james stewart, kim novak, thriller, polansky, freres malandrin, actualite, actualite cinema, cine cinema, photo, memoire, blog, blog de mich, cecile de france, namur, belgique, vendome, bruxelles, tag, cathy immelen, ou est la main de l homme sans tete, drame, photos, images |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |




























































































