13 février 2012

Remake du Prince Charmant? Yes!

meryl.jpgQuand Colin Firth joue au prince charmant, cela donne une belle image qui a bien fait sourire les stars en présence, et qui fit dire à Stephen Frye le Mr Loyal de service, "enfin la princesse a trouvé chaussure à son pied"...Tout ceci pour vous dire que, même si les réparties sont généralement préparées à l'avance, faut aussi pouvoir rebondir en cas de "pépin ce qu'ont magistralement fait Colin Firth ey Stephen Frye....L'un pour être venu en aide d'une charmante façon, l'autre pour l'enchaînement!

Bravo Meryl. Ton Bafta est entièrement mérité. Tu portes La Dame de fer à bout de bras, jusqu'à l'accent qui pour quelqu'un de Lincolnshire, comme tu le soulignes n'a pas du être facile...

15 janvier 2008

Ken Loach sous la loupe! + It's a free world!

Sortie Belgique de It's a free world 16 janvier

main538Depuis les années soixante, Ken Loach compose une oeuvre intense et généreuse, animée d'une fibre sociale et humoriste. Engagé, Loach s'est naturellement penché sur diverses causes historiques; la guerre d'Espagne, celle du Nicaragua, ou encore la question Irlandaise, avec Hidden Agenda et "The Wind that shakes the Barley" qui lui valut la Palme d'or à Cannes en 2006. C'est toutefois la réalité britannique qui demeure son terrain de prédilection, avec une attention toute particulière pour les oubliés du système, une constante qui irrigue son cinéma de Kes à My Name is Joe à Raining Stones et The Navigators. Les films de Ken Loach sont depuis plus de trente ans la voix de la la résistance et de l'opposition: chacun d'eux constitue une nouvelle critique, implicite ou explicite de la politique britannique et de son système social. En créant des personnages principaux forts et presque emblématiques, et par son style de réalisation typique, Loach réussit toujours à nous attirer émotionnellement dans l'action narrative et de la polémique du sujet. Loach évoque sans cesse son inquiétude pour les individus et les familles de la classe ouvrière, pris au piège des circonstances sociales et économiques dans lesquelles ils se trouvent. C'est tout cela que le Musée du Cinéma propose dans une belle retrospective de l'oevre du grand réalisateur tout au long du mois de janvier.

Lady Bird - Carla's Song -My Name is Joe - The Navigators- The Wind that shakes the Barley- jusqu'au 31 janvier.

Programme complèt avec également un cycle sur Ingmar Bergman: http://www.cinematheque.be/


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It's a free World.

Angie n'a peut-être pas fait d'études, mais elle est jeune, énergique et ambitieuse. Elle a connu des moments difficiles, mais cette fois, elle est bien décidée à avoir sa part du gâteau. Avec sa colocataire Rose, elle monte après son licenciement de l'agence d'intérim qui l'employait, son propre cabinet de recrutement. Elle évolue désormais dans le monde nébuleux des agences pour l'emploi, des contremaîtres et des ouvriers immigrés, au coeur du miracle économique anglo-saxon.. C'est en parlant aux gens dans les hangars, les dépôts et les supermarchés, que nous devons nous rendre à l'évidence, le travail temporaire était au coeur de l'énorme métaphore que connaît actuellement le monde du travail. Cependant une tendance, aussi profonde soit§elle ne fait pas forcémment une bonne histoire. Malgré le soin mis a élaborer ses personnages,tout a volé en éclat dans l'équipe du film, lorsque le personnage de Angie a fait son apparition dans leur imagination. Tous étaient attirés par son énergie, son ambition et sa vulnérabilité. Dans l'esprit de Paul Laverty le scénariste, elle est pleine  de contradictions et c'était exxcitant de se lancer dans l'écriture d'une histoire sans réellement savoir où le personnage principal va entraîner le canevas du film. Angie (Kierston Weiring) pouvait être abominablement égoiste, mais ce trait de caractère était tempéré par une impétuosité, une générosité. Et suivre Angie offrait une belle perspective, celle de raconter de son point de vue à elle, et non celui des centaines et des centaines d'ouvriers étrangers qui viennent au Royaume-Uni. Mais situer l'histoire d'Angie était un autre os à ronger. Le monde d'Angie est une sorte de zone frontière, elle passe légèrement dans l'illégalité, à la différence du monde violent des contremaîtres et des chefs d'équipes, de la violence physque des gangsters purs et durs, comme cela se passe dans les grandes villes où le chômage et les clandestins règnent en maître. Cette histoire aurait pu se dérouler n'importe où, mais Londres a quelque chose de spécial. Son ampleur, sa mixité sont spectaculaires. Il était plus facile d'imaginer comment les liens qui relient les gens dans une petite communauté se brisent dans l'anonymat d'une mégapole. Mini synopsis: Angie vit dans un monde totalement différent de celui de son père. Depuis dix ans, elle a passé sans arrêt d'un job à un autre, et elle commence à avoir peur de vieillir et de devenir pauvre, ce qui se comprend aisément. Elle est déterminée à ne pas finir comme son père. Il y a chez elle une franchise brutale que nous seront forçés d'admirer, surtout lorsque son amie Rose l'accuse de vivre sur le dos des ouvriers étrangers, elle ajoute "Nous le faisons tous"....Et elle a raison. Il faut beaucoup de personnes comme elle pour lubrifier la longue chaîne complexe de sous-traitance et de sous-sous traîtance qui nous permet d'acheter un sandwich fraîchement préparé, notre poulet surgelé. Une main-doeuvre invisible exploitée est impliqée dans chacun des aspects de notre vie. 387d94af-0177-474f-9715-28ce5e7c7c5e
Peut-être avons nous besoin du culot d'Angie pour faire le sale boulot à notre place et garder hors de notre vue, les détails sordides de ce qui se passe dans les entrepôts, aux abors des grandes villes. Mais ce sont là les caractéristiques d'une économie libérée, les agences de recrutement, l'externalisation et l'intérim, de longue chaînes. Le tout est fait pour encourager le travail foré, le trafic du travail lié à l'immigration clandestine..Dernier détail, Des papiers sont perdus, et finalement cela convient tr!s bien à tout le monde. Ce n'est pas une coïncidence si, dans le système actuel, les employés sont punis uniquement pour des manquements administratifs. Si le gouvernement voulait vraiment combattre l'expoitation, les employeurs seraient d'abord condamnés pour la façon dont ils exploitent les immigrés......

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A propos de Keirston Weiring (Angie):

Pourquoi le personnage d'Angie est-il si important?

Ken Loach: nous voulions que les deux femmes, Angie et Rose, soient des personnages auxquels le public puisse s'identifier. Il faut amener le spectatuer progressivement à penser que les décisions du personnage sont raisonnables, que s'il ne les prend pas, quelqu'un d'autre le fera... Il faut que le spectateur se dise qu'Angie est dans un marché et qu'elle doit se montrer aussi compétitive que les autres résolue et impitoyable. Et au final, vous réalisez combien cette logique est horrible. C'est pour cela que Paul Laverty a imaginé le personnage d'Angie. Elle incarne bien l'esprit de l'époque, et elle pourraît même à la rigueur être élue "femme d'affaire de l'année" dans le monde réel.

Comment avez-vous dénicher, celle qui pourraît incarner, Angie la petite trentaine, énergique, produit de la contre-révolution Thatcher qui a mis la prioritée sur les affaires, qui aura le don de se trouver une place au soleil. Celle qui pourrait au travers de ses talents d'actrice, être la comédienne qu'on aimerait voir se mouvoir avec facilité dans un monde d'homme sans perdre de sa crédibilité?

K.L. Trouver l'actrice qui pourrait incarner Angie était essentiel. Après quatre mois d'auditions, de rappels, de sessions d'imporivisation et de bouts d'essai, c'est finalement Kierston Weiring qui a été choisie. Agée de 31 ans, elle est originaire de Leigh-on-Sea dans l'Essex et a suivi la formation du Lee Strasberg Theater and Film Institute à New-York (et cela se voit ndlr) pendant trois ans (97-2000). NOus avons Keirston six ou sept fois, et à chaque fois, elle s'est révèlée brillante, toujours intéressante, amusante, racée surprenante. C'est en plus  quelqu'un de très agréable, ce qui aide quand vous êtes amené à travailler très étroitement avec un comédien. (Elle occupe pratiquement chaque séquence du film ndlr). Il fallait qu'elle ne fasse pas de sentiment, qu'elle soit dure, sympathique, mais aussi impitoyable. Et elle était tout cela. C'est une formidable comédienne, et comme j'ai tendance d'aller vers des gens de l'industrie du cinéma qui ne sont pas utilisés à leur juste valeur. (Cette comédienne est un diamant brut pétri de talent. ndlr). Ce choix s'imposait.

news_479J'ai eu l'occasion de visionner ce film dernièrement, et je ne peux que vous le conseiller, tant pour la façon dont Ken Loach traîte le sujet de l'exploitation des immigrés, mais aussi et surtout pour découvrir une actrice étonnante de naturel: Kierston Weiring, diamant brut, pétri de talent.

Avec encore Juliet Ellis (Rose) Leslaw Zurek (Karol)Joe Siffleet (Jamie et Colin Coughlin (Geoff)